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  • Article publié le 15 septembre 2021
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Fête de l’Humanité. Rachel, auxiliaire de soins en flux tendu (L’Humanité)


Auxiliaire de soins, Rachel Contoux milite pour la reconnaissance d’une profession souvent dévalorisée et pourtant essentielle à de nombreuses familles.

On la retrouve tout sourire dans les allées du Forum social, à qui elle a consacré une partie de sa semaine. Rachel Contoux représente celles et ceux qui exercent l’une des professions effacées derrière le terme de « soignant ». Auxiliaire de soins, elle définit son métier d’abord comme un service de première nécessité : elle assiste des personnes âgées ou handicapées chez elles et au quotidien. Pendant près de vingt ans, Rachel Contoux a assuré la toilette de ceux qui ne peuvent plus la faire seuls, a manipulé leurs membres pour éviter les escarres et les a, parfois, accompagnés dans leurs derniers instants. « Il y a les gestes techniques, mais c’est surtout du temps qu’on consacre aux personnes », résume la soignante.

Contraintes budgétaires et manquements humains
« Nos journées sont très rythmées et notre passage souvent attendu. On fait avec les rituels de chacun. » En plus de la technicité des gestes médicaux, Rachel Contoux insiste sur l’importance des autres petits services rendus « vite fait » et des conversations avec les patients. « Mais il faut maîtriser le temps, tout en veillant à ne pas les bousculer », ajoute-t-elle. Contraintes budgétaires et manquements humains obligent, donner l’attention qu’elles méritent aux personnes fragiles nécessite une grande application. Dans son service du Puy-de-Dôme, une douzaine de professionnelles sont chargées du soin de 60 personnes et fonctionnent à flux tendu.
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Quand elle décrit son quotidien au travail, Rachel se remémore les visages de ses patients. « À beaucoup tu t’attaches : on partage des moments de vie, on écoute leur histoire personnelle… Il faut savoir prendre ses distances. » Elle se souvient aussi d’un patient atteint de troubles psychotiques qui refusait de se laver depuis plusieurs mois. Pour assurer son hygiène sans le brusquer, l’auxiliaire a dû trouver des parades. « Ça aurait été une grande violence de le forcer, on touche à son intimité. Alors on l’a lavé morceau par morceau », s’amuse-t-elle. Deux mois de bains de pieds, de gestes soignés et de discussions ont finalement permis d’assurer au patient une toilette complète.

Toujours pas de « prime Ségur »
Depuis trois ans, Rachel Contoux occupe tout son temps de travail à l’activité syndicale, en tant que secrétaire fédérale de la CGT des services publics. Le moyen de défendre les professionnels de santé qui, comme elle, attachent de l’importance à la qualité de leur service, vital pour les patients et ceux qui les accompagnent. Après un an et demi de pandémie et d’efforts, les auxiliaires de soins attendent toujours des réponses de long terme à la dégradation de leurs conditions de travail et de traitement. Pour leur part, elles n’ont toujours pas perçu leur « prime Ségur », promise à l’issue de la concertation de l’été 2020.

Lundi 13 Septembre 2021 Paul Ricaud
https://www.humanite.fr/fete-de-lhumanite-rachel-auxiliaire-de-soins-en-flux-tendu-719994

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