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  • Article publié le 7 février 2022
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32 | UD-CGT du Gers : Motion de soutien à M. Emmanuel BALDY

A l’attention de Monsieur le Président du Muretain Agglo,

Monsieur le Président,

Nous avons pris connaissance de la nature de la sanction administrative que vous souhaitez infliger au Secrétaire du Syndicat CGT de la mairie de Muret.

La procédure disciplinaire que vous avez initiée avec grand bruit contre M. Emanuel BALDY est une attaque contre toute l’organisation CGT.

De plus, vous ne pouvez ignorer qu’une telle sanction disciplinaire, en plus de remettre en cause la qualité du travail mené depuis de longues années dans votre collectivité par la CGT et notamment M. BALDY, porte aussi gravement atteinte à sa vie privé.

La décision même de sanctionner M. BALDY parait d’autant plus inconsidérée que les faits reprochés entre dans le cadre d’un conflit social face aux conséquences d’une loi régressive.

En tant que syndicalistes, au sein d’une des plus anciennes organisations syndicales en Europe, nous avons accumulé une longue expérience collective des pratiques, des us et coutumes qui peuvent prendre place dans le conflit idéologique avec les employeurs, les décideurs politiques, ou parfois les deux, comme cela est le cas d’un Maire ou d’un Président de Conseil Communautaire. Le rapport de force peut parfois être tumultueux, mais s’il le devient, alors il ne fait que répondre à la violence qui est opposée aux travailleurs en lutte.

Néanmoins, notre « violence » à nous, Monsieur le Président, ne blesse jamais que l’ego de nos adversaires. Tandis que celle du patronat, fût-il un employeur public, en accroissant le temps de travail, réduisant le temps passé avec sa famille, ou en diminuant les salaires, cette violence contraint autant les loisirs que les possibilités d’élévation dans la société. Et, en exerçant un pouvoir arbitraire contre les droits des travailleurs, c’est notre dignité même qui est remise en cause.

Puisque vous vous sentez attaqué en tant que Socialiste, et que vous reprochez à notre camarade des violences à ce point douloureuses, laissez nous vous rappeler les propos d’un autre Socialiste, lui aussi élu de la République, qui, face à un Clémenceau fustigeant les violences ouvrières lors des grèves de 1906, rappelait à la chambre des députés leur réelle provenance.

« Le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action violente, de gestes désordonnés et de paroles tumultueuses ! Quelques hommes se rassemblent, à huit clos, dans la sécurité, dans l’intimité d’un conseil d’administration, et à quelques-uns, sans violence, sans gestes désordonnés, sans éclat de voix, (…) ils décident que le salaire raisonnable sera refusé aux ouvriers ; ils décident que les ouvriers qui continueront la lutte seront exclus, seront chassés, seront désignés par des marques imperceptibles, mais connues des autres patrons, à l’universelle vindicte patronale. Cela ne fait pas de bruit. »

Le camp socialiste d’aujourd’hui aurait-il pris le visage de Clémenceau ? Cela expliquerait l’attaque surprenante qui est conduite par un de ses représentants à l’encontre d’un syndicaliste dans le cadre d’un conflit social des plus légitimes.

Toujours est-il, Monsieur le Président, que nous souhaiterions vous rappeler par ce courrier qu’absolument aucune sanction à l’encontre de M. BALDY ne sera acceptable à nos yeux. Nous souhaitions aussi vous rappeler qu’en tant qu’organisation confédérée et de classe, s’en prendre à un adhérent de la CGT, quel que soit son mandat, c’est s’en prendre à toute l’organisation de la CGT.

Dans le contexte politique et social large, qui se tend un peu plus chaque jour, nous vous invitons à retirer toutes sortes de poursuites à l’encontre de M. BALDY. Cette modération serait de nature à apaiser le climat social dans votre collectivité.

L’Union Départementale des Syndicats CGT du Gers vous prie d’accepter, Monsieur le Président, l’expression de nos respectueuses salutations.

L’UD CGT du Gers

Documents joints

1 motion_de_soutien_e._baldy pdf



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