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  • Article publié le 21 octobre 2022
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Communiqué du syndicat CGT de la raffinerie de Feyzin et de la FNIC CGT

En 2019, un mouvement de grève supérieur à 50 jours avait secoué la raffinerie de
Feyzin : les grévistes protestaient contre des suppressions d’emplois, au secteur du
raffinage, décidées par la direction. À l’époque, elles avaient été dénoncées par le Syndicat CGT comme dangereuses et nocives pour les salariés qui allaient payer ce choix par la dégradation évidente de leurs conditions de travail.
En deux ans, la raffinerie TOTAL de Feyzin a déjà enregistré 11 accidents très graves. Faut-il attendre un mort pour revenir à une situation normale ?
L’analyse et les propositions de la CGT sont fondées :
• 9 juillet, un court-circuit provoque un incendie qui met à l’arrêt des installations de production, heureusement sans impact physique sur les salariés ! La DREAL demande
à TOTAL de prendre des mesures avant le redémarrage, pointant du doigt plusieurs dysfonctionnements qui auraient pu entraîner des conséquences sur la sécurité
des salariés et des installations.La CGT alerte et redoute de nouveaux accidents, ce qui ne tarde pas à arriver.
• 9 septembre, des salariés mettent en route une pompe d’eau de réfrigération. Au démarrage de celle-ci, le tuyau de refoulement lâche et vient balayer littéralement l’un d’eux. Blessé aux deux jambes et assommé par la puissance du choc, à l’heure où nous écrivons ce communiqué, il n’a pas repris le travail et est toujours en accident de travail.
• 16 septembre, des salariés interviennent sur les brûleurs d’un des fours en fonctionnement. Une poche de gaz s’enflamme, la puissance du souffle les projette au sol en brûlant gravement aux 2ème et 3ème degrés trois salariés qui seront évacués à l’hôpital Edouard HERRIOT et en ressortiront dans la soirée. Ils sont en accident du travail jusqu’à fin septembre également.
• Hier 19 octobre, le géant TotalEnergies a abusé des réquisitions pour faire sortir du site des produits pétroliers et ceci sans appliquer les procédures de sécurité. Les capteurs qui mesurent les concentrations de gaz dans l’air étaient en alarme hier après-midi, accusant un environnement explosif suite à ces concentrations
élevées dans l’atmosphère.
TotalEnergies use de manière irresponsable des directives du préfet de notre territoire. Tout ceci au détriment de la sécurité du personnel réquisitionné, du site et des populations environnantes. Ne pas tenir compte des règles de sécurité pour pouvoir sortir plus rapidement des produits pétroliers est inadmissible !
Le géant pétrolier, qui affiche fièrement ses 18.8 milliards de bénéfices au premier semestre 2022 ne souhaite pas pour le moment prendre de mesures complémentaires,
TotalLEnergies cherche à faire le maximum de profits, laissant les unités de production se détériorer, les conditions de travail s’effondrer ! Mais à quel prix ?
La CGT alerte le préfet depuis des années sur des manquements aux arrêtés préfectoraux, l’inspection du travail sur le non-respect des accords du groupe
TotalEnergies mais également de la Convention collective et du code du travail. Elle a même sollicité les ministres du travail et de la santé pour que les choses s’accélèrent car il en va de la sécurité des salariés et de la population.
TotalEnergies est-il au-dessus des lois ? Doit-on attendre
qu’il y ait des morts comme le 4 janvier 1966 où la raffinerie de Feyzin a vécu la pire catastrophe industrielle de notre pays ? Doit-on attendre un nouvel accident
industriel comme AZF ou LUBRIZOL pour répondre à nos revendications concernant l’emploi ?
Pour la FNIC-CGT et le Syndicat CGT TotalEnergies Feyzin, la direction doit embaucher pour améliorer les conditions de travail, investir dans l’outil de production et la Recherche et Développement, mais surtout, TotalEnergies doit être nationalisée ! Seule solution pérenne d’un raffinage français où les bénéfices iront dans les salaires, l’investissement, l’amélioration des conditions de travail, la sécurité, l’emploi
et non plus dans la poche d’actionnaires déjà riches à millions.



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