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  • Article publié le 9 janvier 2020
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Bassin de Thau : où en est-on de la mobilisation syndicale contre la réforme des retraites ?

Après plus d’un mois de grève contre la réforme des retraites, Julien Rodrigues secrétaire général CGT des territoriaux du bassin de Thau et de Frontignan dresse un état de la mobilisation.

"L’objectif est d’amplifier la mobilisation et de l’étendre à d’autres professions", précise Julien Rodrigues, secrétaire général CGT (Confédération générale du travail) des territoriaux du bassin de Thau et de Frontignan. Une déclaration qui fait écho au communiqué que la centrale syndicale a diffusé, ce week-end, et qui annonce que "la bataille contre l’inique réforme des retraites va entrer dans son deuxième mois" et appelle à "manifester, à Sète, le jeudi 9 et le samedi 11 janvier prochains.

Une occasion pour faire, avec le militant syndical, un bilan de la mobilisation contre la réforme des retraites et de "l’état des troupes". Alors que la nouvelle année vient juste de commencer, la CGT milite toujours pour "le retrait pur et simple de la réforme".

" Cela va à l’encontre du pouvoir de décision des salariés qui gèrent de manière paritaire les caisses complémentaires de retraite "

Pour Julien Rogrigues, la critique se base sur "le fond de la réforme". Du point de vue de ce dernier , "le problème n’est pas tant le celui de l’âge pivot que celui de la retraite à points et donc de la valeur du point". Pour le représentant syndical, "ce que fait le gouvernement avec l’âge pivot n’est qu’un "écran de fumée" pour cacher la "véritable problématique" de cette réforme, le point retraite comme "variable d’ajustement budgétaire".

"Ce que veut faire le gouvernement", comme l’affirme le délégué CGT, c’est faire en sorte que "les cotisations retraites soient reprises en main par l’Etat". Une situation qui pourrait générer, selon Julien Rodrigues, "ce qui s’est déjà passé en Suède ou en Norvège".

"Dans ces pays, il est arrivé que la valeur du point soit réajustée à la baisse", avec comme conséquence immédiate "la diminution de la valeur des pensions de retraite". "En cas de difficultés budgétaires, nous n’avons pas de garantie que la valeur du point ne sera pas modifiée par le gouvernement en place. Cela va à l’encontre du pouvoir de décision des salariés qui gèrent de manière paritaire les caisses complémentaires de retraite".

La main tendue...

"C’est une très bonne proposition" a déclaré lundi matin sur l’antenne de nos confrères de France Inter, Bruno Le Maire. Le ministre de l’Economie répondait favorablement à la proposition formulée, dimanche, par Laurent Bergé, le secrétaire général de la CFDT (Confédération française démocratique du travail). Ce dernier proposant d’organiser une conférence de financement du système de retraite distincte du projet de réforme actuel. Bine que le syndicat soit opposé à la mise en place d’un âge pivot de départ à la retraite, le ministre a déclaré qu’il "fallait saisir la main tendue par la centrale syndicale".

Autre problème que dénonce le secrétaire général CGT, le pourcentage de la richesse nationale consacrée aux retraites. Le président Macron veut le limiter à 14,5 %.

"Si le nombre de retraités augmente dans le futur, et que la taille du gâteau est la même, la part dévolue à chacun va mécaniquement baisser. Idem pour les 42 années de cotisation. Les fluctuations lissées sur toute la carrière ont peu de chances d’être orientées à la hausse et donc de bénéficier aux cotisants, d’autant que la part dédiée aux retraites serait bloquée (voir ci-dessus 14,5 % NDLR)", déplore le militant.

40 milliards d’exonérations fiscales

Autre point d’achoppement, la question du financement de la réforme. Sujet sensible d’autant que la CGT demande "le retour de l’âge du départ à la retraite à 60 ans". "Nous demandons de revenir sur les 40 milliards d’exonérations fiscales dont bénéficie le patronat et dénonçons la baisse importante des cotisations des cadres qui touchent plus de 120 000 euros par an. Cela va aboutir à une perte en moyenne de 4,5 milliards d’euros".

"La non réelle prise en compte de la pénibilité de certaines professions", fait également partie des points sur lesquels la centrale syndicale fait montre de son mécontentement.

"Je prends l’exemple des personnes qui portent des charges lourdes et de celles qui sont en contact avec des produits chimiques toxiques. Sur ces cas comme dans d’autres il faut que le gouvernement revoie sa copie". Quant à l’annonce, lundi, du ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, qui se dit "favorable à la conférence de financement proposée par la CFDT" (voir encadré), le militant CGT précise que la CFDT ne représente qu’elle-même et appelle une nouvelle fois à "la mobilisation du 9 janvier".

Mobilisation, caisse de grève et solidarité

"Les cheminots de Sète en sont à plus d’un mois de grève, et pour certains des fiches de paie à zéro chiffre vont arriver en janvier et là ça va devenir clairement problématique", redoute-t-on à la délégation CGT de Frontignan. "Alors oui, la fatigue se fait sentir chez les cheminots" mais également chez "d’autres professions sur le bassin de Thau, comme les agents territoriaux, les hospitaliers ou les enseignants, qui cumulent les journées de grève depuis le 5 décembre".

"Ce sont souvent des femmes avec des revenus faibles", constate Julien Rodrigues, secrétaire général CGT (Confédération générale du travail) des territoriaux du bassin de Thau et de Frontignan.

Pour palier à cet état de fait, et "afin de soutenir le mouvement", la CGT des territoriaux du bassin de Thau annonce par communiqué avoir "créé une caisse de grève pour les salariés, du public comme du privé". Toujours selon la centrale syndicale : " Une vingtaine de militants CGT ont organisé une table de collecte samedi matin au marché de Frontignan, puis l’après-midi devant l’hôpital de Sète et le supermarché Auchan" Lors de cette opération, cheminots, "gilets Jaunes" du bassin de Thau et militants Lutte Ouvrière ont collecté plus de 1 500 euros. Un élan de solidarité qui, selon Julien Rodrigues, ne doit pas faire oublier "qu’être solidaire c’est aussi faire grève".

Source Midi Libre

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