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  • Article publié le 4 mai 2020
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Déclaration du 1er mai de la CSI – Un seul monde : emplois, salaires, protection sociale

Alors que la pandémie de COVID-19 fait des ravages dans le monde entier, nous assistons aux plus grands témoignages de solidarité de l’histoire de l’humanité.

La mise entre parenthèses des activités et les mesures de confinement touchent désormais la majorité de la population mondiale, afin de prévenir la propagation rapide du virus au sein des communautés et de protéger les personnes âgées, ainsi que toutes celles souffrant de problèmes de santé. Les conséquences économiques et sociales de cette mise en veille de nos vies et de nos moyens de subsistance ont bouleversé le monde du travail, et ce sont les travailleurs précarisés et mal rémunérés qui en paient le prix dans un trop grand nombre de pays. La stratégie pour endiguer la pandémie est avant tout centrée – et à juste titre – sur le confinement et le ralentissement de la contagion, de même que sur le soutien à apporter aux personnels des services de soins et de santé qui travaillent en première ligne, et à ceux des autres secteurs essentiels. Partout dans le monde, sur tous les lieux de travail, la lutte contre la propagation du virus se poursuit.

En cette journée du 1er mai, nous rendons hommage aux personnels des services de soins et de santé et des autres secteurs de première ligne, qui accomplissent un travail indispensable pour sauver des vies et fournir les produits et services vitaux.

Des dizaines de milliers de personnes ont perdu la vie et un plus grand nombre encore souffriront de problèmes de santé à long terme. Selon les estimations, 200 millions d’emplois devraient passer à la trappe et replonger des millions d’individus dans la pauvreté, creusant davantage encore le fossé des inégalités existantes. Deux tiers des individus de notre planète dont la protection sociale est inexistante ou inadéquate sont terriblement menacés, nombre d’entre eux étant en situation de dénuement ou de famine.

L’impact de cette crise a subitement révélé les failles du modèle de mondialisation imposé aux hommes et aux femmes qui travaillent. Les systèmes de santé publique ont été fragilisés par les politiques d’austérité, tandis que l’érosion des droits des travailleurs a mis des millions de personnes en danger. Les femmes, les travailleurs migrants, les minorités ethniques, ainsi que toutes les autres victimes de la discrimination, paient un tribut particulièrement lourd. Cela doit changer.

L’antidote à cette crise est la solidarité, laquelle constitue l’ADN des syndicats depuis le début de leur histoire jusqu’à aujourd’hui. Tous les pays doivent travailler ensemble pour endiguer cette vague initiale de COVID-19 et préparer l’avenir. Nous saluons les gouvernements qui s’appuient pleinement sur le dialogue social pour combattre cette crise et garantir des salaires et des aides financières à leur population. En revanche, nous condamnons les gouvernements qui refusent de coopérer avec leurs syndicats nationaux ou d’autres pays, ainsi que ceux qui, aveugles à la réalité de la pandémie, font usage de la violence ou bafouent les droits humains au détriment, plus que dommageable, de leur population. Nous condamnons également les entreprises prédatrices qui cherchent à tirer profit de cette crise. Nous exigeons que toutes les entreprises respectent les droits des travailleurs et demandons instamment aux gouvernements de veiller à ce qu’elles le fassent. Nous réaffirmons notre engagement à combattre l’extrême droite, à l’empêcher d’exploiter cette crise et de mettre en péril la démocratie et les droits humains.

Nul ne peut être laissé pour compte. Les investissements massifs dans les services de soins et de santé publique pour garantir que l’ensemble de la population y ait accès, ainsi que le respect intégral des droits de tous les travailleurs, doivent être au centre de la reprise, de la reconstruction et de la résilience.

La relance de l’économie mondiale doit s’aligner sur trois objectifs :

  • EMPLOIS : Des millions d’emplois partent en fumée. L’objectif doit être le plein emploi, le travail décent pour tous, la santé et la sécurité sur les lieux de travail, la lutte contre le travail précaire et la formalisation du travail informel.
  • REVENUS : La part des salaires dans l’économie mondiale diminue depuis des décennies et risque de s’effondrer avec cette crise. Il faut appliquer des salaires minimums de subsistance partout dans le monde, garantir le droit à la négociation collective pour tous les travailleurs et mettre un terme aux écarts salariaux entre les hommes et les femmes.
  • PROTECTION SOCIALE : Des milliards d’individus sont privés de protection sociale et les premiers exposés aux conséquences économiques et sanitaires dévastatrices de cette crise. Le moment est venu de coopérer au niveau mondial pour financer la protection sociale. Le monde ne peut pas tourner le dos aux plus nécessiteux aujourd’hui ou dans la reconstruction d’un avenir inclusif et résilient.

Ces objectifs sont centraux pour relancer l’économie et garantir la santé et le bien-être de chacun, sur une planète vivante. Nous appelons tous les gouvernements et les institutions internationales à collaborer pour atteindre ces objectifs.

Où que nous vivions et quelles que soient nos différences, nous sommes tous les citoyens d’un même monde. Les syndicats savent que la solidarité fonctionne efficacement. Nous devons faire en sorte qu’elle soit profitable à l’ensemble de la planète.

À l’occasion de la fête du Travail, nous vous invitons à participer à la première Journée mondiale virtuelle des travailleurs et des travailleuses, organisée ce 1er mai 2020, de 07h00 à 19h00 UTC. Partagez vos photos, témoignages et vidéos rendant hommage aux hommes et aux femmes qui travaillent en première ligne pour lutter contre la pandémie, au moyen du hashtag #VirtualMayDay sur Twitter, Facebook et Instagram.

Le 20 avril 2020



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