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  • Article publié le 24 novembre 2020
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67 I Violences faites aux femmes : la CGT interpelle le maire et la présidente de Strasbourg et Eurométropole

Madame la Maire, Madame la Présidente,

En juin 2019, après cinq années de mobilisation, la Confédération Générale du Travail (CGT) a obtenu, avec la Confédération syndicale internationale, l’adoption d’une norme par l’Organisation Internationale du Travail (OIT), visant à protéger chacun et chacune contre les violences sexistes et sexuelles au travail.
Pour s’appliquer, cette norme doit être ratifiée aux niveaux nationaux, ce qu’a fait la France en avril dernier. Dans ce cadre, la CGT exige l’instauration de nouveaux droits. L’actuel président de la République ayant fait de l’égalité femmes-hommes la « grande cause » de son quinquennat, les lieux de travail ne peuvent constituer l’angle mort de la politique du gouvernement contre les violences sexistes et sexuelles.

Ainsi, nous demandons :
1. Que soit mis fin aux propos et comportements sexistes :
· Volontaires ou issus de stéréotypes et préjugés véhiculés par les hommes comme par les femmes, les propos sexistes ont pour conséquence d’entretenir la différenciation et la hiérarchie inacceptable entre sexes. Ils rabaissent les femmes en niant leur professionnalisme et leurs capacités.
· Quelques exemples :
- les commentaires sur le physique ou la tenue des femmes, qui n’ont rien à faire dans un cadre professionnel,
- les « blagues » graveleuses qui instaurent un climat pesant et malsain ;
- la qualification trop souvent genrée de certains postes, comme les postes d’assistanat administratif ou du secteur médico-social, qui sont trop souvent présentés comme uniquement féminins (assistante de direction, infirmière, aide-soignante…).

2. Que les violences au travail soient prévenues :
· via l’instauration d’une négociation obligatoire sur la prévention des violences sexistes et sexuelles,
· par la mise en place d’une heure obligatoire de sensibilisation de tou·te·s les salarié·e·s aux violences sexistes et sexuelles,
· par la formation de tou·te·s les managers et représentant·e·s du personnel,
· par le renforcement des droits et moyens des référent·e·s violence des entreprises (gagné·e·sparlaCGTen2018 !) ;

3. Que les victimes et leurs droits au travail soient protégés :
· par la mise en place d’un lieu d’accueil et d’une procédure de signalement garantissant la confidentialité et la rapidité de réponse,
· par la suspension (pendant l’enquête) puis la sanction des agresseurs, et non le déplacement des victimes
· pour les femmes victimes de violence de la part de personnes extérieures (clients, usagers, patients…) : par la prise en charge des frais de justice (et de santé le cas échéant) par l’employeur, changement immédiat de poste pour ne plus être en contact avec l’agresseur,
· pour les victimes de violences conjugales : par le droit à des absences rémunérées, à la mutation, au changement de poste, à la réduction ou à la réorganisation du travail, interdiction du licenciement. Déplacement du conjoint ou ex-conjoint violent s’il travaille sur le même lieu que la victime, accès à un hébergement d’urgence ou à un relogement dans le cas où l’entreprise dispose d’un parc de logements,
· par des moyens financiers pour les secteurs qui accueillent les victimes et qui doivent prendre en charge les agresseurs pour prévenir la récidive : police, justice, santé, services sociaux…

Ces revendications sont portées par la CGT Eurométropole. C’est pourquoi nous demandons qu’une délégation de notre syndicat soit reçue pour pouvoir débattre des mesures de prévention des violences et de protection des victimes à l’Eurométropole.. Vous en remerciant par avance, je vous prie d’agréer, Madame la Maire, Madame la Présidente, mes salutations les meilleures.



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