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  • Article publié le 30 avril 2020
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92 I Ouverture des établissements scolaires et de la Petite enfance. Courrier commun des OS de Nanterre

Nanterre, le 29 avril 2020
A l’attention de Mr Patrick Jarry, Maire de Nanterre

Objet : Ouverture des établissements scolaires, des accueils de la Petite enfance, des Médiathèques

Monsieur le Maire,
Lors de son allocution du 13 avril dernier, le Président de la République a annoncé le maintien du confinement le « plus strict » jusqu’au 11 mai.
Selon ses mots : « le 11 mai, il s’agira de permettre au plus grand nombre de retourner travailler, redémarrer notre industrie, nos commerces et nos services. Le gouvernement préparera sans délai ces réouvertures avec les partenaires sociaux pour que des règles soient établies afin de protéger les salarié.e.s au travail. C’est la priorité… »
C’est au regard de cette déclaration du Président de la République que nos organisations accueillent l’allocution du premier ministre faite hier et concernant la réouverture effective des crèches, écoles, collèges et lycées.
Les récentes études scientifiques sur le COVID19, conjointement aux préconisations du Haut Conseil de la Santé publique, invitent à respecter le principe de précaution le plus strict face à un virus dont on ne connaît pas encore toutes les caractéristiques et qui a déjà coûté la vie à 23660 de nos concitoyens.
Ainsi, la décision de rouvrir les établissements scolaires, les crèches et les médiathèques est totalement incompréhensible si l’on se place dans l’objectif du combat efficace contre la propagation du virus. Elle l’est d’autant plus qu’elle se trouve en totale contradiction avec la position et le choix prioritaire du gouvernement dès le début, puisqu’au nom de la sécurité et de l’efficacité le 16 mars dernier, il avait décidé de fermer tous les établissements de petite enfance et scolaires.
Qu’y aurait- il de changé à cette réalité et ce danger depuis le 16 mars ? Sauf à penser que l’école servirait uniquement de garderie pour les enfants de salarié.e.s sommé.e.s de reprendre leur activité.
Les annonces du premier ministre Edouard Philippe qui a présenté hier devant l’Assemblée "la stratégie nationale du plan de déconfinement" ne permettent pas de sortir du dilemne. Dans l’état actuel des choses, certaines décisions ne peuvent qu’aggraver tant l’angoisse des parents que celle des salarié.e.s les plus exposé.e.s et incité.e.s, voire contraint.e.s, à retourner au travail. Il est donc évident que l’unique priorité qui guide les choix de réouverture des écoles, mais aussi des crèches, est de permettre la garde d’enfants pour favoriser la reprise du travail des parents.
En revanche, le Premier ministre n’a livré quasiment aucune information sur les moyens permettant cette réouverture sans mettre en danger les élèves, leurs familles, les personnels et sans provoquer une seconde vague de l’épidémie. Quant à la la limite de 15 élèves par classe, elle est trop élevée pour assurer la moindre sécurité sanitaire, alors que la limite est de 10 élèves pour l’accueil des enfants de personnels soignants.
Ces annonces inquiètent à juste titre vos administré.e.s pour leurs enfants. Elles inquiètent vos agent.e.s qui travaillent dans les écoles maternelles et primaires, dans les crèches, dans les médiathèques. Elles inquiètent les personnels des établissements d’enseignement et les enseignant.e.s.
Le simple bon sens les amène à faire le constat que même avec la meilleure volonté de tou.te.s les actrices et acteurs : Le respect des gestes barrières, la mise à disposition de protections individuelles, la distribution et la bonne utilisation de savon, la mise à disposition de moyens de transport sécurisés entre le domicile et l’établissement … sont concrètement impossibles !
Et pourtant, si de son côté le Président de la République s’est contenté de l’annonce, la décision et les conditions de la mise en oeuvre vous incombent.
C’est vous, monsieur le Maire, au titre des compétences qui vous sont conférées qui porterez la responsabilité de la propagation du virus si vous ne remplissez pas les conditions d’un transport et d’un accueil parfaitement sécurisé face au COVID 19 pour les élèves. Ce qui, nous insistons là-dessus, est impossible.
Qui dit propagation, dit les premiers visés à savoir les familles, mais également tous les personnels dont le Code du travail et les statuts engagent votre responsabilité d’employeur en matière de santé et de sécurité au travail.
C’est pourquoi, face à ce dilemme, nous vous demandons de ne pas rouvrir les crèches, les écoles et les médiathèques à partir du 11 mai. Des Maires de nombreuses autres communes se sont déjà positionnés contre ces ouvertures précipitées soumises aux injonctions patronales : citons les communes de Montpellier, de Haumont, de Billère, de Seine-Saint-Denis et du Val de Marne… Nous vous savons gré, à ce titre, d’avoir été signataire d’une interpellation portée par plusieurs Maires de France et posant comme préalable à ces réouvertures des moyens concrets octroyés par l’Etat.
En ce qui nous concerne, nous encouragerons et soutiendrons tou.te.s les collègues, tous les personnels qui refusent de reprendre le travail, par l’exercice du droit de retrait notamment, chacun sachant pertinemment que les garanties de protection sanitaire ne pourront être assurées.
Certes, il est possible que l’on vous objecte le pouvoir supérieur de l’État et la possible substitution du Préfet, ce qui toutefois restera largement à démontrer sur le plan du droit.
Quoi qu’il en soit, votre refus de réouverture sera un acte de responsabilité politique fort dans la lutte contre cette pandémie.
Charge au gouvernement de prendre les siennes, en arrêtant de souffler le chaud et le froid dans la gestion de cette crise partagée entre la lutte contre le virus et les intérêts financiers.
Nous, représentant.e.s des syndicats enseignants SUD Education et Snuipp-FSU de la ville de Nanterre et de la CGT des Territoriaux de la Mairie de Nanterre souhaiterions pouvoir nous entretenir avec les élus municipaux pour échanger sur les modalités envisagées pour la réouverture des écoles et pouvoir échanger sur les inquiétudes et revendications des personnels de l’éducation. A l’image de la pratique dans d’autres communes du 92 (Gennevilliers, Malakoff…), nous vous saurions gré de nous accorder un entretien en visio dès que possible.

Sachant compter sur votre compréhension et votre engagement dans cette action, veuillez agréer, Monsieur, l’expression de notre haute considération.

Mathilde Eisenberg pour le SNUipp-FSU 92
Elvis Bruneaux pour Sud éducation 92
Catherine Marchais pour la CGT Territoriaux Mairie Nanterre

Documents joints

1 Courrier au maire de Nanterre pdf



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