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  • Article publié le 17 décembre 2021
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Mobilisation des animateurs : « On dirait qu’il n’y a plus d’enfants après 16 h 30 »

Jeudi 16 Décembre 2021 - https://www.humanite.fr/ - Marie Toulgoat

Contraints à des temps partiels payés au Smic et soumis à une pression de plus en plus forte, les animateurs ont réclamé, ce mercredi, plus de reconnaissance.

Dans les beaux quartiers du 7e arrondissement de Paris, les bruits de fanfares et les fumigènes tranchent avec la sérénité des bâtiments. Les grilles de la place Jacques-Bainville ont été tapissées d’affiches colorées et, par terre, des bombes de peinture permettent aux plus créatifs d’ajouter leur pierre à l’édifice. Ce mercredi, les professionnels de l’animation se sont donné rendez-vous à l’appel de l’intersyndicale CGT-Solidaires-FSU-CNT, à deux pas du ministère de l’Éducation nationale, pour enfin arracher des réponses à leurs innombrables demandes. Et, en premier lieu, celle d’obtenir enfin la reconnaissance qu’ils méritent. « Quand on parle de l’école, on parle des enseignants, des directeurs, mais jamais des animateurs. On dirait qu’il n’y a plus d’enfants après 16 h 30 et pendant les vacances », dénonce Nicole (1), animatrice à Courbevoie aux quarante-quatre ans d’ancienneté.

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Au rythme des tubes crachés par les enceintes, une manifestante brandit une pancarte : « Animateurs mal payés, méprisés, précarisés, assez ! » Contraints d’accepter des temps partiels, rémunérés au minimum horaire (les temps de réunion et de préparation des activités souvent exclus), les professionnels de l’animation doivent se contenter de salaires de misère. « Dans mon équipe, certaines personnes ne touchent que 900 euros ou 600 euros par mois ! » poursuit Nicole. Après vingt ans d’ancienneté, et pourtant muni d’un contrat à 35 heures par semaine, Marley n’arrive pas non plus à joindre les deux bouts avec sa seule activité d’animateur. Une fois que tous les parents ont récupéré leurs enfants à l’école de Vélizy, celui-ci continue sa journée de travail en donnant des cours de danse. « Je ne vois presque jamais mes enfants dans la semaine », souffle-t-il. En novembre dernier, les syndicats des animateurs – du public comme du privé – ont bien exposé la problématique à la secrétaire d’État à la Jeunesse, Sarah El Haïry. Mais plutôt que des garanties sur les rémunérations, celle-ci s’est contentée d’annoncer la prise en charge à hauteur de 200 euros du Bafa, diplôme qui ne permet pourtant pas de devenir professionnel.

De moins en moins de jeunes sont prêts à rejoindre leurs rangs

Conséquence de ce mépris dirigé envers les animateurs : de moins en moins de jeunes sont prêts à rejoindre leurs rangs. Le sous-effectif chronique que connaît la profession depuis des décennies s’est accentué ces dernières années. Il n’est pas rare qu’ils se retrouvent ainsi en charge d’une vingtaine d’enfants, voire plus. « Il m’est déjà arrivé de devoir m’occuper de 40 enfants seul sur le temps du midi. Dans ces cas-là, ce n’est plus de l’animation, c’est juste de la garderie. On ne peut plus mener nos projets, les écouter comme il se doit, on les surveille et prie pour qu’il n’y ait pas d’accident », témoigne Isaac, animateur à Ivry-sur-Seine.

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À cette surcharge de travail se sont ajoutées, depuis 2020, de nouvelles tâches sanitaires : « En plus de nos missions habituelles, on doit désinfecter les jouets, les sanitaires, et il n’y a pas de collègues supplémentaires pour faire tout ça », s’agace Mélissa, animatrice de la ville de Vélizy. Comme pour confirmer ses dires, l’écran de son téléphone s’illumine au même moment à la réception d’un message de son employeur, lui demandant de venir en renfort pour le temps d’activité périscolaire. « Je suis en grève, je ne réponds pas ! » lance-t-elle.



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