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  • Article publié le 8 avril 2021
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75 | URIF-CGT : Danger sur l’Assurance Chômage. L’urgence c’est de créer des emplois !

Après l’avoir différée pendant la pandémie, le gouvernement remet en place, dès le 1er juillet, sa réforme de l’assurance chômage. Le décret prévoit d’appliquer de nouvelles régressions pour limiter l’accession aux allocations-chômage. Cette réforme est rejetée par la CGT et toutes les autres organisations syndicales : elle doit être retirée !

Un récent document de l’Unedic pointe l’aggravation des conséquences de cette réforme au-delà de ce que la ministre du Travail avait déjà daigné admettre. Le nouveau mode de calcul du SJR (salaire journalier de référence, d’où est tiré le montant de l’allocation) est destiné à faire des économies sur le dos des salariés parmi les plus précaires : celles et ceux qui subissent l’alternance de contrats de plus en plus courts et de périodes de chômage. Ainsi ce ne sont pas 800 000 privés d’emploi – ce qui était déjà énorme – qui vont être immédiatement pénalisés, mais plus d’un 1,15 million !

Parmi ces derniers, 80 % seraient des salariés en CDD ou en intérim, quelle que soit leur qualification. La baisse de leurs indemnités atteindrait en moyenne 17 %. Ainsi plus de 360 000 d’entre eux verraient leur indemnisation mensuelle passer de 885 € à 622 €.

Comme si cela ne suffisait pas, l’allongement de 4 à 6 mois des seuils d’ouverture des droits à indemnisation ajoute encore une nouvelle régression.

Cette mesure entrerait en vigueur à une date imprécise fin 2021 ou début 2022, et constituerait une perte sèche ou un recul de droits pour presque 500 000 personnes. Les moins de 26 ans seraient surreprésentés dans cette catégorie lésée.

La réforme prévoit aussi la dégressivité des indemnités des cadres. Cela toucherait dès l’an prochain près de 50 000 privés d’emploi, principalement des plus de 50 ans, et ce dans un contexte où se profile des plans sociaux massifs. Cette mesure inefficace pour le retour à l’emploi a déjà été en vigueur et a été supprimée en 2001. Outre son inefficacité, cette mesure est dangereuse. En effet, elle incite à faire accepter à des salariés qualifiés des emplois moins qualifiés. Elle est également injuste car elle sanctionne les personnes qui ont le plus de mal à retrouver un emploi, notamment les plus âgées.

En revanche, le projet dédouane les employeurs qui usent et abusent des contrats courts dans les entreprises, avec un micro bonus-malus sur les cotisations patronales, limités à quelques secteurs, et qui n’entrerait en vigueur qu’en… septembre 2022.

Au total, ce sont bien près de 1,7 million d’allocataires qui vont perdre totalement ou partiellement des droits, alors que 6 chômeurs sur 10 n’étaient déjà pas indemnisés avant la crise.

Rappelons que sur les 6,4 millions d’inscrits à Pôle emploi, seuls 2,6 millions perçoivent une allocation. Ajoutons que 1,7 million de personnes– souvent des femmes et des jeunes – ne sont pas inscrites et actuellement survivent avec des aides, notamment, alimentaires.

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