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  • Article publié le 14 octobre 2021
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44 | Les Agents de Couëron en lutte avec la CGT contre le vol de jours de congés.

Les agents de la commune de Couëron près de Nantes, soutenus par le syndicat CGT très fortement implanté luttent depuis plusieurs mois contre la mise en place des 1607h.

Après plusieurs journées de grèves, débrayages et manifestations regroupant à plusieurs reprises plus de 150 personnes sous les fenêtres de la mairie, mais aussi lors d’interpellations d’élus politiques durant les conseils municipaux avant les vacances d’été, les agents, forts du soutien de la CGT, ont décidé à la rentrée de reconduire le mouvement de protestation contre la loi scélérate de transformation de la fonction publique et notamment de dénoncer l’attitude plus que zélée de Madame le Maire dans la mise en œuvre des 1607h.

Alors que partout en territoire des discussions, (des négociations parfois) avec les représentants syndicaux sont engagées pour l’application de cette loi, alors que partout en France la CGT dénonce l’augmentation du temps de travail des fonctionnaires, et bataille pour une prise en compte de sujétions pour compenser à minima le vol de jours de congés appliqués aux agents de la fonction publique, Madame le Maire Couëron, Carole Grelaud se refuse à toutes discussions avec les représentants des personnels de sa ville .

Pourtant - Le décret n° 2001-623 du 12 juillet 2001 instaure pour les collectivités la possibilité de déroger à la durée légale du travail en raison de sujétions particulières. C’est-à-dire qu’il autorise le maintien du temps de travail en dessous de 1607 heures. C’est pour les collectivités, souvent l’occasion de prendre en compte les régimes horaires particuliers, voire contraignants, mais aussi de reconnaître la pénibilité des métiers.

A Couëron il n’en est rien, arc-bouté derrière une position dogmatique, Madame Le Maire ne répond plus.

Face à un tel mépris, les agents avec la CGT ont décidé de durcir le ton et de muscler leurs actions.

Depuis vendredi 8 octobre ils occupent le parvis de la mairie. Banderoles, affiches , drapeaux, barnum, toiles de tentes pour y passer les nuits, brasero pour se réchauffer et barbecue pour se restaurer, distribuant des tracts à la population, ils tiennent bon, demandant à Madame le Maire de les recevoir et d’accepter de discuter.

Lundi 11 octobre le ton monte d’un cran.

Sans réponse de l’autorité territoriale, les grévistes décident avec les associations de parents d’élèves (plus de 300 personnes) excédés par la situation et la non prise en charge de leurs progénitures ( pour cause de grève), d’envahir le conseil municipal pour crier leur colère.

Si la CGT réitère les revendications des agents, reformule sa demande devant l’assemblée d’engager des négociations, des parents malmènent Madame le Maire clamant leur indignation face à l’inertie de cette dernière.

Mardi, les agents ont voté la reconduction de leur mouvement, en revanche Madame le Maire reste inflexible.

Pourtant, non loin de là, dans de nombreuses communes et notamment à Nantes, certaines sujétions ont été reconnues, bien loin des revendications portées par la CGT, mais tout de même, la mobilisation des agents avec la CGT a permis la reconnaissance de la pénibilité liée aux rythmes de travail.

Cela permettant , entre autres, la prise en compte de sujétions pour un peu plus de 3000 agents.

Bien sûr pour la CGT cela est loin d’être suffisant et très éloigné de notre revendication initiale du maintien du temps de travail actuel.

Toutefois, cela a le mérite d’exister et Madame Carole Grelaud, Maire de Couëron ferait bien de prendre conseil auprès de ses camarades élus, ils pourraient alors lui rappeler que prendre en compte les sujétions des agents, n’est pas un défaut, que négocier avec les organisations syndicales fait partie du débat démocratique, que le personnel de sa collectivité mérite mieux que son mépris affiché.

Enfermée dans sa tour d’ivoire, cette élue de la république emprunte l’étiquette socialiste, se dit progressiste et féministe... elle entend les citoyens qui grognent, elle entend les agents qui souffrent, mais elle ne les écoute pas !

Un exemple :
Les ATSEM de Couëron travaillent sur un cycle annualisé. Elles font jusqu’à 45 heures par semaine scolaire, sans aucune compensation, sans prise en compte de leur temps supplémentaire au-delà des 35h. Elles sont en catégorie C, moins bien rémunérées, ont l’obligation de prendre leurs congés durant les vacances scolaires.
Elles pourraient alors bénéficier de sujétions indiquées à l’article 2 du décret n° 2001-623 du 12 juillet 2001 : L’organe délibérant de la collectivité ou de l’établissement peut, après avis du comité technique compétent, réduire la durée annuelle de travail servant de base au décompte du temps de travail défini au deuxième alinéa de l’article 1er du décret du 25 août 2000 susvisé pour tenir compte de sujétions liées à la nature des missions et à la définition des cycles de travail qui en résultent, et notamment en cas de travail de nuit, de travail le dimanche, de travail en horaires décalés, de travail en équipes, de modulation importante du cycle de travail ou de travaux pénibles ou dangereux.

La lutte n’est pas finie, la CGT est reçue demain 14 octobre, de 14 à 15h salle de L’estuaire (17 Rue de la Frémondière, 44220 Couëron) par la collectivité sur un sujet indirectement en lien avec l’application des 1607h, mais qui sera également ardemment défendu par la CGT.

Toutefois, la CGT des territoriaux de Couëron appelle tous les militants, les syndiqués, les salariés, les retraités à venir les soutenir, parce qu’ils entendent bien profiter également de ce moment pour évoquer les 1607h, et les revendications des agents.

Bravo aux agents pour leur mobilisation, leur ténacité, leur énergie, leur motivation, leur combat est juste.

Une fois encore La CGT est présente aux côtés de ceux qui se battent et revendiquent, alors un grand bravo aussi.

Et bien sûr on n’oublie pas les agents des autres collectivités qui avec la CGT sont aussi dans la bagarre, sous des formes alternatives ou similaires mais refusent tout autant la mise en œuvre d’un recul social historique : le vol de congés.

Le bureau CSD CGT 44 et la CGT des territoriaux de Couëron

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2 tract_2_coueron pdf



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