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  • Article publié le 4 mars 2021
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31 | CGT Territoriaux : 1607 h, l’arnaque de l’augmentation du temps de travail

La longue histoire de la répartition entre temps de travail et temps libre est faite de débats âpres, de luttes parfois très dures, de temps de négociation. En France et dans le monde, la baisse de la durée du travail va dans le sens de l’Histoire. Augmenter le temps de travail serait un recul social majeur.

1 - L’Histoire
- 1919 : sortie de la guerre, journée de travail à 8H. Semaine à 48H !
- 1936 : les congés payés (15 jours) / semaine à 40H dans un contexte pourtant de crise !
- 1945 : la France est détruite : on garde les congés payés, la Sécurité Sociale est créée !
- 1946 : le statut de la Fonction Publique…
- 1956 : 3ème semaine de congés payés
- 1968 : les accords de grenelle : le SMIC augmente de 40 %
- 1969 : 4ème semaine de congés payés
- 1982 : 5ème semaine de congés payés + Semaine à 39H !
- 1998 : les 35 heures

Une des plus grandes conquêtes du début du XXe siècle a été la journée de 8h. 8h de travail, cela permettait 8h de repos et 8h pour la vie personnelle et la vie citoyenne. La durée légale hebdomadaire de travail n’a alors plus cessée de diminuer.

L’instauration des 35h a été cependant marquée par une intensification du travail, une aggravation de la flexibilité et la mise en place de l’annualisation du temps de travail.

Il existe ainsi de moins en moins d’horaires de travail collectifs et réguliers, à temps plein et fondés sur le décompte hebdomadaire de la durée du travail. La tendance à la réduction du temps de travail, s’est accompagnée de multiples dispositifs de flexibilité permettant aux employeurs d’organiser la durée du travail de manière atypique (aménagement du temps de travail sur l’année, temps partiel, travail de nuit et dominical…). De plus, les créations d’emplois n’ont pas été d’un ni-veau suffisamment élevé à la mise en place des 35h, faute d’obligations imposées aux employeurs.

Plus récemment, les encouragements au « travailler plus pour gagner plus » ont encore affaibli le repère collectif des 35h. Avec le télétravail, la frontière entre activité professionnelle et vie personnelle est devenue de moins en moins étanche.

2 - Loi du 6 août 2019
Avec la loi de Transformation de la fonction publique du 6 août 2019, le gouvernement Macron a pris la responsabilité d’ouvrir le dossier du temps de travail de manière conflictuelle, en faisant des 1607 heures un plancher annuel obligatoire, alors qu’il était jusqu’à présent un plafond. Dans la Fonction publique territoriale, cela signifie-rait la suppression de tous les accords passés avec un temps de travail inférieur à 1607 heures. La remise en cause de ces accords représente souvent entre 5 et 12 jours de congés supprimés !

Cette augmentation du temps de travail, permet aux employeurs de supprimer des postes, de réaliser des économies, de faire baisser la masse salariale. Les agents sont considérés comme une variable d’ajustement économique.

À la clé, des cadences plus difficiles, une charge de travail croissante, une aggravation des risques psycho-sociaux et une pénibilité accrue dans tous les métiers.

3 - Les agents des services publics
Les agents des services publics, ces invisibles, ont pourtant été les premiers de corvée ( écoles, crèches, service propreté, assainissement, service sociaux, EPHAD, etc... ) pendant la pandémie de la Covid 19 ! Ils ont pu démontrer, avec leur professionnalisme et leur dévouement, l’utilité sociale des services publics.

Dans cette période, vouloir supprimer nos acquis sociaux en terme de congés est non seulement injuste mais également un manque de respect et de reconnaissance, vis à vis des agents des services publics, au regard de l’engagement dont ils font preuve au quotidien, souvent dans des conditions difficiles.

D’autant plus que les différentes réformes des retraites ( et celle à venir ) ont déjà très sérieusement augmenté le temps de travail, avec l’allongement de la durée de cotisations et la fin de la retraite à 60 ans !!

4 - Baisser le temps de travail
Il est, au contraire, souhaitable de continuer la baisse du temps de travail initiée il y a plus de cent ans et aller vers les 32h !

La baisse de la charge de travail permettrait de :
- lutter efficacement contre la pénibilité
- améliorer les services publics et de répondre aux besoins des usagers, notamment les plus fragilisés, en recrutant des fonctionnaires
- faire baisser le chômage ( les 35h avaient augmenté l’emploi de +7,2% en 4 ans )

Le temps Libre, c’est permettre aux femmes comme aux hommes d’avoir du temps pour leur famille, leurs loisirs et leurs engagements sociaux et sociétaux...

Ce temps Libre est précieux. Chacun a pu le mesurer, avec ces confinements et couvre feu à répétitions qui depuis 1 an entravent notre Liberté.

Ne nous laissons pas déposséder de nos droits conquis :
Ne touchez pas à notre temps Libre, à notre LIBERTÉ !
Les 1607 H, c’est NON !



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Elle regroupe plus de 85 000 adhérents, organisés en syndicats dans leurs collectivités ou entreprises, pour défendre leurs intérêts d’agents et salariés du service public, en convergence avec les autres salariés, les usagers et les populations.

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