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  • Article publié le 9 février 2021
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Le billet d’humeur de Christophe Prudhomme | Administration

La gestion calamiteuse de la crise actuelle par le gouvernement était prévisible au regard du démantèlement de l’administration d’État en cours depuis plusieurs années. En effet, les directions du ministère de la Santé n’ont jamais été particulièrement riches en personnel qualifié, car rarement intégrées dans un ministère de plein droit et surtout sous tutelle du ministère des Finances. Par ailleurs, nous avons vu fleurir au fil du temps pour les remplacer de nombreuses agences dotées d’un personnel aux statuts multiples, visant à diminuer progressivement le nombre de fonctionnaires. La particularité de ces nouvelles structures est d’être dirigées en général, non plus par des hauts-fonctionnaires, mais par des personnes issues du secteur privé, apportant avec elles les techniques de management centrées sur les objectifs financiers et oublieuses des missions de service public. Il faut souligner aussi la dégradation des valeurs chez les hauts-fonctionnaires, faisant de plus en plus souvent des aller-retours entre le public et le privé, en utilisant pour se vendre leur expérience et leur réseau dans l’appareil d’État au plus grand profit de leurs nouveaux employeurs.

Nous n’avons donc pas trop d’administration comme certains voudrait nous le faire croire pour poursuivre leur opération de démantèlement de nos services publics. Bien au contraire, l’incurie actuelle est directement le résultat de la faiblesse et de la déstructuration des outils de l’État que sont les administrations centrales et de leurs structures déconcentrées qu’étaient notamment les DDASS et les DRASS dans le domaine de l’action sanitaire et sociale. Le terme administration centrale n’est pas anodin car aujourd’hui nous constatons que chaque agence agit dans son coin, sans aucune coordination, avec parfois des avis et des décisions contradictoires entre les différentes structures.

Il nous faut donc aujourd’hui non pas moins d’État, mais plus d’État avec des administrations et des fonctionnaires retrouvant des moyens et des processus de décision efficaces pour des actions coordonnées et rapidement mises en œuvre. Tout ce qui nous a manqué et qui nous manque aujourd’hui pour lutter efficacement contre la pandémie du coronavirus.

Dr Christophe Prudhomme

Le 8 février 2021



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