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  • Article publié le 20 mars 2020
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Pour faire face au Coronavirus : débloquer des moyens, protéger les salariés, respecter le droit du travail

Communiqué des Unions régionales Ile-de-France

Les unions régionales Ile de France ( CGT, FO, Solidaires, FSU, avec l’UNEF et l’UNL dénoncent les discours bellicistes du chef de l’Etat et de son gouvernement, relayés par le préfet de police de Paris qui au motif de la « guerre » contre le coronavirus, no us font progressivement glisser vers une situation où leur sont conférés les « pleins pouvoirs », ce que nous n’acceptons pas. En particulier, les URIF viennent de prendre connaissance du « projet de loi d’urgence pour faire face à l épid émie de Covid 19 » qui permet d habiliter le gouvernement à légiférer par ordonnances pour remettre en cause durablement les droits des salariés notamment en matière de congés payés, de réduction du temps de travail, d e repos hebdomadaire ou de liberté de réunion. Pour les URIF, ce projet est inacceptable et ne doit pas voir le jour.

Les URIF condamnent les contra dictions insupportables du discours gouvernement al qui rend hommage aux « héros en blouses blanches » alors que le ministère de la Santé a fermé plus de 4000 lits en un an, qu il se refuse à mettre à disposition le matériel de protection indispensable aux personnels, à ouvrir le moindre lit, à créer le moindre poste supplémentaire dans les hôpitaux pour faire face à la propagation du virus.

Les URIF considèrent que le moyen le plus efficace pour con jurer la catastrophe sanitaire annoncée, ce n est pas seulement de respecter les gestes barrières, c est aussi et surtout de rétablir tout de suite les lits qui ont été supprimés de puis des an nées, de créer sans attendre les postes nécessaires à la prise en charge de tous les patients (ceux atteints du Covid 19 et les autres) et de doter tous les personnels hospitaliers des moyens matériels indispensables à leur protection (masques FFP2, solutions hydroalcooliques, gants, lunettes de protection, surblouses. Se refuser à le faire, c’est se résigner à accepter l inacceptable, à savoir se préparer à la « priorisation » dans l’accès aux s oins en clair, qui sera soigné et qui ne le sera pas

Les salarié.e.s du public et du privé sont en colère, ou sur les plat formes logistiques par exemple, où les conditions ne sont pas réunies pour protéger les agents. Le gouv ernement et les employeurs doivent fournir sans délai les équipements de protection
indispensables à celles et ceux qui travaillent. Selon le Code d u Travail, tout employeur est tenu de protéger les salariés, ce qui est loin d’être le cas. Une crise sanitaire n’est pas synonyme de fin des droits des travailleurs. Une partie de la population est placée en chômage partiel sans aucun e certitude sur le versement du salaire. Et c’est encore plus inquiétant pour tous tes les salarié.e.s précarisé.e.s qui survivent avec des CDD de quelques jours.

Les URIF constatent que le confinement des élève s et des étudiants décidé par le gouvernement aggrave la fracture numérique en ouvrant de chaotiques plateformes d’éducation à distance, il accentue les inégalité s sociales qui frappent en particulier les milieux défavorisés qui n’ont peu ou pas accès à Internet.

Les URIF dénoncent l’étau répressif et liberticide qui se resserre de plus en plus avec ces mesures de confine-ment et le système de "laissez-passer" afin de pouvoir vivre et se procurer les denrées de premières nécessités. Chacun finit par le constater : le coronavirus met en lumière tous les dysfonctionnements d’une société livrée à l’ultralibéralisme pour le profit des banques et des spéculateurs. La destruction programmée de la recherche publique – ô combien indispensable aujourd’hui – obéit à cette logique.

Les URIF soutiennent les travailleurs qui appliquent le droit de retrait afin de se protéger, elles soutiennent éga-lement les salariés qui se mettent en grève pour défendre leurs droits. Les URIF exigent, non pas le report de la « réforme » des retraites comme le gouvernement l’a annoncé, mais son retrait pur et simple : c’est le cas également pour la « réforme » de l’assurance chômage.

Les URIF affirment que la situation exceptionnelle liée à la propagation du coronavirus ne saurait constituer un moyen pour déréglementer les droits des salariés comme le droit syndical : en période de crise, le syndicalisme ne saurait devenir le supplétif du gouvernement chargé de la bonne application des « mesures d’exception ». En ce sens, les URIF demandent auprès du préfet de région que les mandatés syndicaux puissent se déplacer pour faire respecter le droit du travail.

Paris, le 18 mars 2020



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