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Chronique Palestine n°4 - Jeudi 9 mars 2017

Dans la matinée, nous avons visité le camp de réfugiés d’Aïda, à Bethléem.
Créé en 1948 par l’ONU, ce camp accueille une population issue de plusieurs dizaines de villages détruits par l’armée israélienne. 6000 habitants sont concentrés sur une surface de 4 hectares.
La population du camp est composée à 66% de jeunes et connaît un taux e chôma de 60%.

Nous avons rencontré le directeur du centre Abdelfattah Abusrour, directeur du centre Alrowwad pour la Culture et les Arts.
Ce centre créé par des habitants du camp mène un travail de résistance culturelle à l’occupation, particulièrement auprès des enfants, des femmes et des jeunes La philosophie du centre, est dénommée « la belle résistance », par A. Abursrour. D’abord parce que résister est un bel acte, et ensuite parce qu’il s’agit de résister à l’oppression par la beauté. Le centre cherche notamment à donner envie à la jeunesse de lutter pacifiquement, sur le terrain artistique, par la valorisation du peuple palestinien.

Outre son activité au camp d’Aïda Le centre Alrowwad organise des actions culturelles en Cisjordanie mais aussi au niveau international
Abdelfattah Abursrour souligne que la cause de la libération palestinienne est une question politique et que la Palestine a besoin d’un soutien politique et non humanitaire. Soutenir la Palestine passe donc pas des actions de solidarité qui permettent de faire avancer la pleine reconnaissance d’un Etat palestinien et la fin de l’occupation israélienne.

Durant l’après-midi, nous avons rencontré le maire de Beit Jala, dans la zone de Bethléem. Nicolas Khamis est affilié au Fatah. Il est heureux de rencontrer la CGT et tant qu’élu local, il souligne l’importance des syndicats en tant qu’interlocuteurs portant les intérêts des personnels.
La ville de Beit Jala compte une soixantaine d’employés communaux, pour 17 000 habitants, sachant que le champ des compétences des municipalités palestiniennes est plus réduit que celui des villes françaises.

N .Khamis compare la politique d’Israël vis-à-vis des Palestiniens au processus que les Amérindiens ont subi aux Etats-Unis d’Amérique.
Il souligne que l’Autorité palestinienne est animée de la volonté d’une pleine application des accords d’Oslo qui devaient aboutir à la reconnaissance d’Israël par les Palestiniens, et à la reconnaissance de l’Etat palestinien par Israël, dans les frontières de 1967 (avec souveraineté complète de l’Etat palestinien sur Gaza et la Cisjordanie). Il insiste sur le fait que c’est Israêl qui porte la pleine responsabilité de la situation actuelle en n’ayant pas appliqué totalement les accords d’Oslo.
N. Khamis estime que la solution à eux Etats pour deux peuples demeure la meilleure solution.

Il nous expose la situation à Beit Jala, où des terres palestiniennes ont été confisquées. Cette situation a fait l’objet d’une décision de la justice israélienne en faveur des Palestiniens, décision que l’armée israélienne a refusé d’appliquer au motif de la sécurité des colonies
Nous nous sommes ensuite rendus sur le territoire de la commune où nous avons pu constater l’ampleur des confiscations de terres et du développement du mur israélien.

Notre sommes repartis de l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv le 10 mars. Les forces de sécurité israéliennes nous ont réservé un traitement qui en dit long sur l’état de la démocratie israélienne : motif de la présence dans nos bagages de « pamphlets » (à savoir des documents remis par le commissaire de l’OLP et des brochures de la PGFTU), nous avons été longuement interrogés et fouillés, avant que les services de sécurité nous laissent monter dans l’avion un quart d’heure avant le décollage.

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