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  • Article publié le 17 décembre 2021
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Communiqué de l’intersyndicale CGT-CFDT-FO-SUD-CNT-CFTC à l’attention des agent.es des bibliothèques

Depuis le mois d’août 2021, l’intersyndicale CGT/CFDT/FO/SUD CT/CNT/CFTC se bat aux côtés des bibliothécaires de la ville de Grenoble et se réjouit de la victoire qui conclut ces 3 mois et demi de lutte.

Après une première avancée syndicale en octobre - exemption de contrôle pour les 12/17 ans - nous pouvons nous féliciter de ce 2ème succès avec la mise en place d’un protocole de sortie de « crise » qui comporte :
• l’abandon des convocations et des sanctions
• la mise en place temporaire de bornes « d’autocontrôle » pour les usagers

L’intersyndicale, tout comme les bibliothécaires, est consciente que cette dernière solution ne résout pas la quadrature d’un cercle impossible à réaliser dans un contexte national sensible et compliqué. Les bornes d’autocontrôle ne répondent pas aux revendications liées à la discrimination dans l’accès aux services publics. Si cette solution a été acceptée par les bibliothécaires, c’est qu’elles ont été acculé.es par un gouvernement inflexible et un employeur répressif. L’intersyndicale souligne le fait que cette proposition temporaire prend en compte la parole d’un maximum d’agent.es du réseau. Elle a porté la question des conséquences du contrôle sur l’organisation du travail dans les équipes et de l’état de santé de tout le personnel dès le mois d’Août. Elle a fait part de sa forte inquiétude sur le délitement des conditions de travail, les risques psychosociaux et les méthodes de management dans le service au travers d’une alerte CHSCT le 25 Août.

Depuis cet été, les bibliothécaires, déjà épuisées par le maintien à tout prix du service public depuis le premier confinement, travaillent dans des conditions qui sont « au-delà de la dégradation ». En impactant le cœur de leur métier et de leurs missions fondamentales, la mise en place du passe sanitaire, dénoncée dès le départ comme étant « la goutte d’eau qui fait déborder le vase », a constitué une déflagration dans le milieu de la lecture publique au plan national. A Grenoble, les professionnel.les affichant leur opposition au contrôle du passe sanitaire ont subi le traumatisme d’une gestion managériale menaçante, de méthodes autoritaires et répressives.

Dans le même temps, en dépit des déclarations d’intention de l’employeur selon lequel le dialogue social n’était pas rompu, les délégué.es syndicaux, et donc les agent.es du service public qu’ils et elles représentent, ont eu à supporter de manière ininterrompue des réflexions déplacées et des postures méprisantes remettant en cause leur légitimité ! Là où un véritable dialogue et de la concertation auraient dû permettre de trouver rapidement des solutions à cette situation inédite, comme cela a pu se faire dans de nombreuses collectivités, la Ville s’est figée dans une posture légaliste, qui a aggravé et enlisé le mouvement. Elle a joué avec la santé de tous les agent.es oubliant au passage ses responsabilités d’employeur.

Les syndicats soulignent la persévérance, la solidarité et le courage des agent.es qui ont porté ce mouvement social exemplaire pour défendre les valeurs du service public. Les bibliothécaires en lutte n’ont ménagé ni leurs forces, ni leur détermination pour impulser un mouvement local qui a été fer de lance au niveau national. Refusant d’être transformé.es en agent.es du contrôle social, les bibliothécaires grenoblois.es ont gardé la tête haute face à un employeur et une direction inflexibles. Ces dernier.es n’ont pas hésité, après des semaines de menaces et de harcèlement à convoquer à des entretiens individuels pré-disciplinaires 13 des bibliothécaires investies dans ce mouvement collectif. Ces méthodes honteuses ont généré un nombre très important d’arrêts maladie et ont été dénoncées par l’intersyndicale. Le soutien massif des collègues du réseau a démontré leur rejet d’une mesure qui n’a rien de sanitaire.

L’intersyndicale rappelle que le Maire de Grenoble, Eric Piolle, a été le grand absent d’une des crises les plus graves traversées par l’un de ses services. Cette absence en dit long sur sa « considération » des fonctionnaires et des corps intermédiaires. Depuis deux mandats, malgré de prétendus discours sociaux, nous constatons que la Ville de Grenoble est gérée comme une Start up : techniques déstabilisatrices, management par la peur, perte de sens du travail, intimidation, répression. Le personnel fait face à un double discours idéologique et politique, qui se traduit sur le terrain par la casse du service public, la dégradation des conditions de travail, une augmentation des risques psychosociaux et un monologue social. Monsieur Piolle, sans les agent.es de service public, leur sens des responsabilités et leur indéfectibilité, la ville de Grenoble ne pourrait plus fonctionner. Reconnaissez-le enfin, valorisez leur travail et soutenez-les par des actes concrets.

Grâce à la mobilisation sans faille des bibliothécaires et à l’engagement de l’intersyndicale dans ce mouvement social nous sommes resté.es fort.es, uni.es et solidaires jusqu’à la victoire ! Et nous en sommes fièr.es !

Les organisations syndicales restent vigilantes sur les conditions de la mise en place des bornes d’autocontrôle et les organisations du travail qui en découleront.

Les bibliothécaires restent toujours opposé.es au contrôle du passe sanitaire en bibliothèques et continuent de se battre pour son abrogation !

Seule la lutte paye !



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