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La retraite

  • Article publié le 2 décembre 2019
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Focus sur les retraites au Congrès fédéral de Montpellier

Ce focus sur les retraites ne remplacera pas une journée d’étude sur les retraites, que nous pouvons en fonction de vos possibilités et de nos disponibilités vous dérouler. Il ne peut reprendre tous les arguments qui ont amené notre fédération et la confédération à se prononcer pour le retrait du projet de réforme du système des retraites du gouvernement Macron.

Nous allons juste souligner quelques points essentiels et qui se suffisent chacun à eux seuls pour rejeter la réforme et se mobiliser massivement le 5 décembre, puis après le 5 si nécessaire jusqu’au succès de notre lutte.

L’ampleur de notre mobilisation doit conduire non seulement au rejet du projet de réforme, mais à une réforme des retraites sur les bases CGT, qui oui, améliorera la solidarité, l’égalité femmes/hommes en matière de retraite, augmentera la pension de chacun, ramènera l’âge légal pour une retraite complète dès 60 ans et prendra en compte la dangerosité et la pénibilité des emplois, les années d’étude dès le 1er cycle du CAP, les années de précarité subies particulièrement par les jeunes, etc...

Celles-ci ne sont que quelques revendications et propositions de la volonté de réforme portée par la CGT et que nous opposons au projet Delevoye.
Projet porteur d’aspirations sociales contre projet d’inspiration libérale et capitaliste.

Voilà l’enjeu de la bataille que nous nous apprêtons à mener et à gagner.

La volonté du gouvernement n’est pas financière…

Que représente 15 milliards de déficit estimés d’ici 2025 au regard des 90 milliards de niches sociales patronales, aux 90 milliards de milliards de fraudes fiscales, des 165 milliards de réserve des caisses de retraite sur lesquelles le gouvernement rêve de faire main basse ?

La motivation de l’ex vice-président de Rothschild est idéologique pour protéger la spéculation en fonds de pension ou en monnaie virtuelle.

Ce que nous ne voulons pas :

La suppression des 42 régimes de retraite qui sont le reflet de la culture et de l’histoire des professions et se sont adaptés à leurs spécificités.

Que veut-on dire d’ailleurs par régime spécial ?
Est-ce la mise en cause d’un régime qui a été conquis par la lutte et a permis de réduire la pauvreté des salariés concernés et leur donner quelques années supplémentaires de vie à une époque où l’avenir pour les travailleurs était la retraite de la mort ?

La confédération s’est clairement exprimée lors de son dernier congrès pour le maintien des 42 régimes, puis leurs améliorations !

Partout en Europe où le système à points a été instauré (Suède, Allemagne, Italie), le niveau des pensions a baissé et se situe bien en dessous du niveau français, le seuil de pauvreté des retraités bien plus élevé

Un système par points établi sur toute la carrière entrainera inévitablement une baisse généralisée des pensions (15 à 20 %) selon les prévisions de l’OCDE.

Que le calcul de la pension se fasse sur les 6 derniers mois dans le public, les 25 meilleures années dans le privé, ou comme pour beaucoup parmi vous, basés sur les 2 calculs, car vous êtes polys pensionnés, tous les régimes gomment en partie les périodes les moins rémunérées, et les aléas de carrière.

Cela ne sera plus le cas avec un système par points individualisé basé sur toute la carrière.

La solidarité inter professionnelle, intra et inter générationnelle sera aussi la grande victime du nouveau système. Aujourd’hui 90 % des retraités bénéficient d’un élément de solidarité qui représente 16 % de la masse financière consacrée aux retraites.

Cela ne peut être le cas avec une cotisation de 2,81 % sur les salaires qui serait prélevée, sans attribution de points, sur la future cotisation sociale, dites patronales et salariales fixées à 28,12%.

La solidarité pour les enfants proposée par Macron n’est pas une avancée, il souhaite accorder royalement 5 % dès le 1er enfant puis par enfant en argüant que ceci est une amélioration, car aujourd’hui il n’y aurait rien pour le 1er enfant ?

C’est faux !

Aujourd’hui, dès le 1er enfant des majorations ou des bonifications sont attribuées selon les situations professionnelles et les années de naissance des enfants et 10% de majoration sur la pension est accordée aux 2 parents dès le 3ème enfant.
Avec Macron, la majoration n’attendra que 15 % au 3ème enfant pour un seul des 2 parents.

Où est le progrès social annoncé ?
Plus grave encore, est l’attaque portée sur la pension de réversion qui ne serait plus versée qu’au dernier conjoint (la femme dans 9 cas sur 10).
Les femmes divorcées non remariées seraient exclues du dispositif qui les renverrait à un solde de tout compte au moment du divorce. La pension de réversion serait aussi plafonnée et versée après limite d’âge et sous condition de ressources.

C’est cela encore la solidarité vis à vis des femmes selon Macron : remettre les veuves au travail en les privant de ressources !

L’incapacité serait retirée de la branche retraite pour être transférée sur la branche maladie alors que les moyens prévus par le PLFSS 2020 sont déjà amputés, car sa revalorisation annuelle est inférieure à la hausse tendancielle des dépenses de santé.
Ceci est un mauvais coup pour la reconnaissance de l’incapacité et des handicaps.

Nous sommes aussi particulièrement inquiets pour la catégorie active. Toujours par équité Jupitérienne, le bénéfice de la réduction d’activité de 5 ans serait supprimé pour les agents qui n’ont pas une mission de défense de la population (armée, police, pompiers…)

Pour exemple, les aides-soignantes du secteur hospitalier seraient alignées sur celles du secteur privé qui n’ont droit qu’au compte personnel de prévention qui ne réduit la carrière que de 2 ans.
Ceci n’est pas une mesure équitable !
Ceci est une mesure dégueulasse !

L’équité sociale serait d’attribuer 5 ans pour toutes les aides-soignantes !

Que les agents en uniforme ne se réjouissent pas trop vite.

La durée effective de services pour qu’ils bénéficient de la catégorie active sera progressivement portée de 17 à 27 ans.

L’action sociale des caisses de retraite, le FAS pour la CNRACL, serait supprimée alors que celle-ci est indispensable pour les retraités en difficulté.

C’est cela que Macron décrit comme les redistributions explicites et implicites, in fine, un haut niveau de solidarité entre les actifs.

Puis il y a la question de l’âge effectif.

Quelle que soit l’option que le gouvernement retiendrait : le recul de l’âge légal, mise en place d’un âge pivot ou d’équilibre, allongement de la durée de cotisations pour plaire à Laurent Berger, toutes les mesures conduisent à nous faire travailler plus longtemps pour une pension plus faible.

Contrairement à ce que Macron martèle, la réforme n’aura rien de juste.

La valeur du point sera automatiquement réactualisée en fonction de l’espérance de vie par génération, des aléas politiques et économiques pour que l’équilibre financier soit assuré par génération.

Vous ne pourrez jamais plus anticiper le montant de votre pension et ceci sans même de débats parlementaires.

Quid de la démocratie ?

C’est pour ces quelques arguments et tous ceux qui ne sont pas évoqués, que nous nous mobiliserons en masse et dans la durée s’il le faut, le 5 décembre 2019.

Nous devons mettre en échec la politique du gouvernement.

Didier LOUVET, Secrétaire Général de l’UFR



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