- Article publié le 2 octobre 2026
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67 I Préavis de grève de la CSD CGT du Bas-Rhin à partir du 06/10 en soutien à la mobilisation lycéenne
Monsieur le Président,
Un mouvement de jeunesse d’ampleur est à l’œuvre depuis plus d’une semaine dans plusieurs centaines de lycées en France, et notre département du Bas-Rhin n’est pas en reste.
Le 29 septembre était une journée intersyndicale de grève et de manifestation dans toute la fonction publique, où tous les salarié·es se sont très largement mobilisé·es avec plus de 4000 agent·es à Strasbourg et plus de 300 000 dans toute la France !
Ce jour-là, les lycéen·nes se sont largement mobilisé·es pour porter des revendications propres telles que l’augmentation des moyens dans les établissements, du nombre de professeurs et des remplaçant·s, des moyens pour éduquer dans de bonnes conditions, et pas dans des classes surchargées, dans un pays où les profits sont captés par le capital au détriment des services publics indispensables à la population.
Les blocus des derniers jours à Strasbourg et dans toute la France ont été malheureusement l’objet de violences policières inacceptables, notamment au lycée Kléber à Strasbourg.
Malgré l’usage de la force et de la violence, cela ne les a pas empêché·es de se mobiliser chaque jour et d’étendre le mouvement à d’autres établissements.
Les lycéen·nes malheureusement font les frais de la politique autoritaire du gouvernement et des préfets, les violences policières pleuvent sur la jeunesse, on dénombre plus de 1000 interpellations en quelques jours, des jeunes en garde à vue parlent de coups, de gifles, d’insultes et menaces.
Des dizaines de blessés sont à déplorer, dont au moins deux gravement dont le jeune Eden, dans le Val d’Oise (près du lycée professionnel Château d’Epluches de Saint-Ouen-l’Aumône) qui a subi la projection à bout portant d’une grenade GLI F4 avec un lance cougar en plein visage, arme létale utilisée contre un jeune de 14 ans, qui lui a causé une double fracture de la mâchoire et la perte de nombreuses dents, sans parler du traumatisme psychologique. Ces violences sont inacceptables et doivent cesser, la réponse du gouvernement ne doit pas être la matraque mais le prise en compte des revendications, celle des élèves comme celles des professeurs qui sont légitimes et nécessaires. Non seulement nous les partageons mais nous soutenons avec force la mobilisation. Pour les fonctionnaires territoriaux, depuis le 1er juillet de cette année, 862 000 agent·es en France perçoivent une indemnité différentielle pour ne pas percevoir une rémunération en dessous du Salaire Minimum, le SMIC. Ils et elles étaient 356 000 en janvier dernier. En six mois, leur nombre a plus que doublé. La situation s’est aggravée avec l’augmentation du SMIC de 2,41 % au 1er juin 2026, pour compenser l’inflation et la flambée des prix de l’énergie.
Le complément indiciaire mis en place pour que les agent·es publics ne soient pas rémunérés en dessous du SMIC les bloque pour des années au même traitement brut. De ce décalage naît un écrasement des grilles indiciaires : en catégorie C, l’ancienneté ne se lit plus sur la paie ; la catégorie B débute au salaire minimum ; et la catégorie A elle-même n’en est plus qu’à quelques euros. La grille, qui doit dire la carrière, garantir et assurer son déroulement, ne dit plus rien. Et quand vient la retraite, le mécanisme se prolonge : toutes les pensions de catégorie C passent désormais sous ce même seuil, et sans compensation.
En un quart de siècle, le point d’indice aura perdu près du tiers de sa valeur. Le Ministre de l’Action et des Comptes publics, écrit que ce système serait « à bout de course », « obsolète ». Nous récusons ces mots avec force.
Le système n’est pas obsolète, il est exsangue. Ce n’est pas le statut qui a failli, c’est la politique menée depuis plusieurs années et accentuée fortement ces dernières années qui l’a vidé de sa substance. Ce qu’il nomme obsolescence n’est que le résultat, assumé, d’un choix politique, celui d’affaiblir la Fonction publique de carrière et le Statut général des fonctionnaires.
Pour rétablir la parité avec l’inflation cumulée depuis 2000, le point d’indice devrait déjà être porté à 6,50 € (contre 4,92 € à ce jour). Mais le point d’indice reste gelé depuis 2023, nous en sommes à la 3ème année blanche qui devrait perdurer encore en 2027, selon les annonces ministérielles d’une énième année blanche, lors de la mascarade du rendez-vous salarial du 8 juillet dernier.
Dans le même temps, le gouvernement confirme une nouvelle cure d’austérité après les coupes budgétaires du printemps dernier, en annonçant encore 3 milliards d’euros de baisse des dépenses publiques pour 2026, 2 milliards de limitation des dépenses des collectivités territoriales, 1 milliard de baisse du budget de la sécurité sociale. Ce qui devrait de plus se confirmer dans le Projet de Loi de Finances 2027, par 12 milliards d’euros de coupes budgétaires.
Le gouvernement a d’ailleurs dévoilé ce jeudi son projet de budget de l’Etat (PLF) et celui de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 et ces propositions sont inacceptables !
Nous rappelons que le gouvernement a fait passer au 49.3 le projet de loi de finances 2026 qui plafonne les recettes du CNFPT à 397 millions d’euros. La conséquence de cette mesure, par l’article 135 de la loi de finances 2026, est l’amputation de 45 millions d’euros sur les recettes du CNFPT. Ceci constitue un véritable hold-up de 45 millions d’euros sur le CNFPT et le droit à la formation professionnelle des agent·es des collectivités locales.
C’est une attaque contre le salaire socialisé des agent·es des collectivités locales et qui porte directement atteinte au droit à la formation professionnelle des agent·es des collectivités locales, menace la qualité de la formation professionnelle et donc, en bout de chaîne, la qualité du service public local.
Ces choix sont incompatibles avec toute politique salariale digne de ce nom. Ils organisent le recul des services publics, attaquent la Sécurité sociale et ferment délibérément la porte à toute mesure générale pour les rémunérations. Ils sont indignes au regard de la situation vécue par les agentes et agents publics, d’autant plus que ce sont précisément les personnels qui tiennent les services indispensables à la population dans des conditions toujours plus dégradées et dont le caractère indispensable est encore plus manifeste en ces temps de crise climatique.
Nous n’acceptons ni l’austérité programmée et choisie comme mode de gestion ni les budgets de guerre au détriment des budgets pour les services publics locaux et la sécurité civile, ni la destruction de la Fonction publique de carrière et du Statut général des fonctionnaires !
Cette situation n’est plus tenable pour l’ensemble des agentes et des agents publics : il est urgent de répondre à leurs revendications portées par la Fédération CGT des Services publics, et la Coordination Syndicale Départementale CGT de la Fonction Publique Territoriale du Bas-Rhin, soit :
L’augmentation immédiate de la valeur du point d’indice à 6,50 € ;
Une refonte complète des grilles indiciaires garantissant un réel déroulement de carrière, ainsi qu’une amélioration ambitieuse des conventions collectives pour relever immédiatement les salaires et renforcer les garanties collectives ;
La reconnaissance réelle des qualifications, de l’expérience et des déroulements de carrière ;
Le doublement de traitement entre le début et la fin de carrière pour une carrière complète ;
Le rétablissement de la GIPA (Garantie individuelle du pouvoir d’achat) ;
L’égalité salariale entre les femmes et les hommes qui permettrait l’entrée de 6 milliards d’euros de cotisations salariales pour notre système de protection sociale afin de le conserver et de le renforcer ;
La suppression du jour de carence et le rétablissement à 100 % de la rémunération versée lorsque les agent∙es sont en congé maladie ordinaire ;
La revalorisation immédiate de 10 % de toutes les pensions de retraite (base et complémentaire) et le maintien de l’abattement fiscal de 10 % ; Des milliards pour le capital et la guerre, la précarité renforcée pour les agentes et les agents publics, ça suffit ! La Coordination Syndicale Départementale CGT de la Fonction Publique Territoriale du Bas-Rhin exige :
La réaffirmation du principe : un emploi permanent = un ou une fonctionnaire titulaire ;
Un plan massif de titularisation des contractuel·les sur des besoins permanents ;
L’abrogation des mesures qui généralisent le contrat et la précarité ;
La relance des concours et des recrutements statutaires ;
Le rétablissement du 1% pour le CNFPT, première étape vers le 3% ;
L’annulation de l’article 135 de la loi de finances 2026, qui ampute de 45 millions d’euros les recettes du CNFPT en 2026, et la mesure de plafonnement des recettes du CNFPT qu’il contient.
C’est pourquoi, Monsieur le Président, la CGT dépose un préavis de grève pour la journée du 06, 07, 08 , 09, 12 , 13, 14, 15 , 16, 19, 20, 21, 22, 23, 26, 27, 28, 29, 30 et octobre 2026 de 0h à 24h couvrant l’ensemble des agent·es de la Fonction publique territoriale et les salarié∙es relevant de la partie privée de notre champ fédéral (entreprises de l’eau et de l’assainissement, de la thanatologie, du secteur privé du logement social), ainsi que les agent.es et salarié·es dont les horaires incluent la nuit précédant et suivant cette journée. Nous appelons nos syndicats à organiser et participer aux actions locales et nationales partout où elles seront organisées, et notamment en convergence avec les lycéen·nes en lutte pour leurs droits. Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos respectueuses salutations.
Pour la Coordination Syndicale Départementale CGT de la Fonction Publique Territoriale du Bas- Rhin.
Le Secrétaire Général
Giovanni CORATO