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  • Article publié le 8 mars 2017
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Chronique Palestine n°2 - Mardi 7 mars 2017

Au cœur du déplacement de nos camarades de la Fédération des Services Publics


Aujourd’hui, dès les premiers rayons de soleil, nous avons pris la route en direction de Nazareth.

Notre première visite nous conduits dans les locaux du syndicat israélien Histadruth où nous sommes accueillis par Kamel ABU AHMMAD, secrétaire général du département de Nazareth, représentant du Parti Communiste Israélien au sein d’Histadruth. Les directions syndicales des structures de Histadruth sont constituées à partir de listes présentées par les partis politiques. Kamel nous explique que le gouvernement israélien met tout en œuvre pour vider de leur tissu industriel les zones arabes situées en Israël. Le taux de chômage, qui est de 5 % en général en Israël, se situe entre 20 et 25 % dans ces zones. Notre camarade estime que cette situation catastrophique est liée à la politique générale d’Israël qu’ils qualifient d’Apartheid. Il insiste sur le fait que les travailleurs palestiniens venant de Cisjordanie qui travaillent en Israël sont victimes de fortes discriminations et de conditions de travail très dégradées. Dans le secteur de la construction, ces travailleurs sont victimes de nombreux accidents de travail et sont contraints, par leurs patrons, de travailler partiellement au noir. Le droit du travail israélien est, en théorie, très protecteur, mais le problème réside dans sa non-application. Compte tenu de sa pluralité politique, Histadruth concentre son activité sur le plan syndical et se garde de prendre des positions tranchées sur l’occupation.

Emad BADRA, militant arabe israélien de la cause palestinienne, nous invite dans les locaux de son association, INMA’A. Cette association tourne son activité vers la jeunesse arabe israélienne qui, même diplômée, est fortement touchée par le chômage. En effet, le service militaire, qui n’est obligatoire que pour les jeunes de confession juive, ouvre les portes de l’emploi et donne un certain nombre d’avantages. Avec de nombreux bénévoles, cette association vient en aide aux enfants de Gaza, atteints de cancer et contraints de se faire soigner dans trois hôpitaux israéliens. Cette aide consiste à la prise en charge, dès le franchissement du Checkpoint, des enfants et de leurs familles pour les soutenir moralement et matériellement dans cette épreuve. Emad et les bénévoles contribuent, par leurs actions, à faire vivre la mémoire des persécutions à partir de 1948 et l’identité palestinienne.

Nous quittons Nazareth pour rejoindre Tel Aviv où nous attend Ephraïm DAVIDI, chercheur en histoire sociale à l’université de Tel Aviv, militant syndical et dirigeant du Parti Communiste Israélien. Il nous brosse un tableau de la situation intérieure israélienne, dans un contexte international marqué par l’élection de Trump et l’absence d’une politique européenne volontariste sur la question palestinienne.
Ephraïm estime que les espaces démocratiques se réduisent très sensiblement en Israël et parle même de fascisation du pouvoir israélien. Le gouvernement israélien considère que toute action et personne opposées à sa politique, quel que soit le domaine, pratique une forme de terrorisme. Des lois sont votées en ce sens. Le mécontentement et la lassitude montent dans le pays contre cette politique chauvine, mais, faute d’alternative au gouvernement actuel, cela ne se traduit pas dans les urnes. Dans le même temps, les travailleurs israéliens, notamment les jeunes, sont confrontés à de grandes difficultés en matière de pouvoir d’achat et de transport, ce qui conduit actuellement à une vague de syndicalisation importante.


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