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  • Article publié le 16 mai 2022
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CGT Comté Régional du Grand-Est : Discours de la CGT Grand Est le 8 mai 2022 à Heidelberg lu par Pascal Debay et traduit par Raymond Ruck

Chers amis, chers camarades,

La commémoration du 8 mai 1945 est un acte fort de la coopération syndicale entre le DGB Südhessen et la CGT Grand Est. C’est maintenant la quatrième fois depuis 2018 que nous nous rassemblons ensemble Allemands et français devant une stèle mémorielle des victimes du nazisme et des combattants antifascistes.

Pour la cérémonie de cette année 2022 nous avons choisi ce site de la ville de Heidelberg car il honore à la fois des résistants français des résistants allemands. Nous tenons à remercier particulièrement le DGB Nordbaden de nous accueillir ainsi que l’union des réprimés du nazisme pour leur participation.

Oui il est très important de rappeler chaque année la date anniversaire de la capitulation de l’armée nazie qui acte la victoire de la lutte contre l’oppression et la barbarie nazie. Pour l’ensemble des peuples européens le 8 mai marque une libération de la domination fasciste en Europe.

Cette signification du jour férié du 8 mai en France est trop souvent absente des cérémonies institutionnelles. On lui préfère le rappel d’une victoire militaire des armées alliées sur l’armée allemande.

Combattre l’Extrême Droite, ce mouvement mortel pour notre démocratie.
Hier comme aujourd’hui les syndicalistes se doivent d’être dans l’action au quotidien contre la propagation des idées d’extrême droite. Au quotidien, dans le cadre du travail, mais aussi au sein de nos cercles amicaux et familiaux la bataille des idées est rude face aux mensonges et thèses conspirationnistes qui se développent dans un environnement de néolibéralisme violent, de pandémie mondiale et maintenant de guerre sur notre continent.

Face à une extrême droite dont le principal mouvement le Front National, rebaptisé rassemblement National en 2018, réussit à passer de 4,5 millions de suffrages aux présidentielles de 1995 à 10,6 millions au second tour des présidentielles de 2017 puis 13,2 millions il y a 2 semaines au second tour des présidentielles la contamination par les idées d’extrême droite de nombreux électrices et électeurs atteint un niveau record depuis la chute du nazisme et du pétainisme.

Malheureusement, les femmes dorénavant votent autant Le Pen que les hommes, ce qui renforce l’ambition de normalisation de ce parti.

L’extrême droite développe la théorie du grand remplacement qui ne repose d’ailleurs sur aucun fait objectif mais bien sur des émotions et une xénophobie et racisme assumés.

La banalisation des idées d’extrême droite est donc un véritable fléau et c’est en partant du passé, de l’histoire sociale, de nos analyses et propositions que nous combattrons résolument l’extrême droite, ses idées, ses pratiques.

Il est donc nécessaire de faire savoir à quel point l’extrême droite est dans le camp du capital, sa stratégie de charme envers les travailleurs en reprenant des thématiques sociales ne tend qu’à un objectif électoral.

Il suffit de regarder un de leur dernier vote au Parlement européen qui a adopté il y a quelques mois à une large majorité (443 P, 192 C, 58 A) des amendements qui améliorent grandement le projet initial de la Commission européenne sur les salaires mini en Europe, les votes du Rassemblement National (23 députés) sont édifiants avec 100% du groupe RN qui a voté contre les amendements tout comme leurs amis belges d’ailleurs !

Cette situation nous oblige à intensifier la lutte idéologique contre ce fléau pour nos démocraties, le vivre ensemble et la paix.

S’il fallait une preuve de la nécessité de rappeler ce qu’a été le fascisme, le nazisme pendant les années d’avant la deuxième guerre mondiale et pendant celle-ci jusqu’à sa chute finale, la présence d’un deuxième candidat d’extrême-droite nommé Zemmour aux présidentielles l’atteste. Pour renforcer la banalisation il a carrément tenté de falsifier le récit impartial des historiens en proclamant que Pétain était un défenseur des juifs.

L’histoire nous enseigne aussi que la montée du nazisme s’est appuyée sur la crise sociale. Il est donc indispensable de faire savoir à quel point l’extrême droite est dans le camp du capital, que sa stratégie de charme envers les travailleurs en reprenant des thématiques sociales ne tend qu’à un objectif électoral.

Oui rappeler l’histoire et éclairer la situation actuelle est notre tâche quotidienne pour lutter contre le fascisme. C’est une priorité du mouvement syndical en Allemagne, en France mais aussi ailleurs sur le continent européen.

C’est pourquoi nous soutenons la revendication approuvée par le DGB pour faire également du 8 mai un jour férié en Allemagne. Une commémoration élargie à nos deux pays serait de nature à fournir à l’indispensable construction d’une Europe sociale un socle solide.

La commémoration du 8 mai ce n’est pas simplement rappeler une date historique et sa signification c’est aussi rendre l’hommage qui leur revient à nos valeureux et héroïques résistants et combattants sans qui la victoire sur le fascisme le 8 mai n’aurait pas été possible.

Alors permettez-moi d’énoncer les noms de ces résistants français alsaciens trop méconnus chez nous qui s’engagèrent luttèrent et donnèrent leur vie pour faire disparaitre la peste brune.

Voici ce que disait le plus jeune d’entre eux René Birr aux juges qui le condamnèrent à mort : « Nous nous battons contre des barbares comme vous. Nous avons rassemblé des armes pour vous chasser de notre pays. Vous allez tous périr, même si je dois mourir. Notre exemple, lié à celui du combat héroïque de l’Armée rouge, fera naître des milliers de nouveaux combattants. Notre province redeviendra libre ».

Auguste Sontag
Né le 28 septembre 1915 à Wintzenheim (Haut-Rhin), guillotiné le 1er juin 1943 à Stuttgart (Allemagne) ; instituteur ; militant communiste ; résistant.

René Birr
Né le 2 novembre 1922 à Réguisheim (Haut-Rhin), exécuté le 1er juin 1943 à Stuttgart (Wurtemberg, Allemagne) ; cheminot dans le Haut-Rhin ; responsable des Jeunesses communistes (JC) de Réguisheim, résistant.

Murbach Adolphe
Né le 12 juillet 1902 à Sundhoffen (Haute-Alsace, Alsace-Lorraine), guillotiné le 1er juin 1943 à Stuttgart (Allemagne) ; menuisier à Colmar (Haut-Rhin) ; militant du Parti communiste et de la FSGT ; conseiller municipal de Colmar (1935-1940) ; résistant..

Boeglin Eugène
Né le 8 novembre 1912 à Obermichelbach (Haute-Alsace annexée, depuis 1919 : Michelbach-le-Haut, Haut-Rhin), guillotiné le 1er juin 1943 à Stuttgart, Allemagne : instituteur, puis professeur-adjoint dans le Haut-Rhin ; communiste ; syndicaliste CGT ; résistant ; condamné à mort le 28 janvier 1943 par le Volksgerichtshof.

Kern René
Né le 6 décembre 1912 à Mulhouse-Dornach (Haute-Alsace, Alsace-Lorraine annexée), guillotiné le 29 juin 1943 à Stuttgart (Wurtemberg) ; cheminot syndicaliste CGT et communiste ; résistant.

Kunz Alphonse
Né le 18 mai 1911 à Mulhouse (Haute-Alsace annexée), guillotiné le 29 juin 1943 à Stuttgart (Wurtemberg, Allemagne) suite à une condamnation à mort ; cheminot à Mulhouse (Haut-Rhin) ; militant du Parti communiste clandestin ; résistant des Forces françaises combattantes (FFC).

Schwartz Edouard
Né le 31 décembre 1900 à Enchenberg (Lorraine annexée, Moselle), guillotiné le 29 juin 1943 à Stuttgart (Allemagne) ; cheminot ; syndicaliste CGTU puis CGT ; militant communiste ; résistant.

Honneur à leur mémoire ! Plus jamais le fascisme, plus jamais la guerre !



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