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  • Article publié le 11 janvier 2023
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Non à la réforme des retraites de Macron, la retraite à 60 ans, c’est possible ! Déclaration de la CEF aux syndicats de la fédération

- Déclaration de la CEF aux syndicats de la fédération -

L’intersyndicale appelle à une première journée de grève le 19 janvier.
Tous en grève à partir du 19 janvier !

Les mobilisations massives de l’hiver 2019-2020 avaient fait reculer Macron, qui entendait mettre en place sa réforme des retraites par points, alors présentée comme la « mère de toutes les réformes ».

A présent, il s’agirait de nous imposer le recul de l’âge légal de départ à la retraite, faisant passer celui-ci de 62 ans à 64 ans minimum. La présentation de cette réforme est, comme toujours, accompagnée de mensonges et de manipulations des chiffres. Madame Borne nous explique que « le système de retraite est en faillite » et qu’il faut prendre des mesures urgentes pour éviter une aggravation du déficit.

La réalité c’est que notre régime de retraite, la CNRACL, fondé sur nos cotisations, c’est-à-dire notre salaire socialisé, est essentiellement menacé par des mesures budgétaires imposées, par la baisse du nombre de fonctionnaires cotisants, et une valeur du point d’indice très insuffisante.

La réalité c’est que selon le Conseil d’orientation des retraites (COR), le système de retraite est solide et a dégagé un excédent de 900 millions d’euros en 2021, portant le total du surplus à 3,2 milliards d’euros. Pour le COR, si le système de retraite devait connaître une période de situation déficitaire, celle-ci resterait faible et tout à fait contrôlée.

La réalité c’est que le gouvernement livre une aide publique d’environ 160 milliards d’euros par an aux entreprises. Ces dépenses inouïes en faveur du capital, ils les font payer aux ménages, aux collectivités locales, aux services publics, aux salariés ! Dans le même temps et sans toucher à ces aides publiques, le gouvernement entend réduire les « déficits publics » en dessous de 3% du PIB en 2027 conformément aux injonctions de l’Union européenne et des agences de notation. C’est la raison pour laquelle il s’attaque de nouveau à nos retraites, c’est la raison pour laquelle il refuse de bouger sur le point d’indice (à noter que Macron avait conditionné les 3,5% d’augmentation à une nouvelle réforme des carrières et des grilles de traitements).

Assez de mensonges !
Ils poursuivent les exonérations de cotisations sociales : 65,6 milliards de plus pour les patrons en 2022. Ils veulent nous faire travailler jusqu’à 64 ans MINIMUM ! C’est-à-dire revenir à la « retraite des morts » ! Les catégories actives ne sont pas épargnées, puisqu’un agent né en 1971 qui aura fait sa carrière en catégorie active partira à la retraite à 60 ans au lieu de 57 ans aujourd’hui. Les femmes resteront en situation d’inégalité : en raison de carrières hachées, de temps non complet imposé, elles perçoivent un montant global de pension 40% inférieur à celui des hommes. Rien n’est prévu pour modifier cette situation. Les milliers de refus de reclassement pour invalidité, avec mise en retraite d’office se poursuivent… On le sait, passés 60 ans, l’augmentation de la durée (du nombre de trimestres) de l’activité aggrave la pénibilité pour toutes et tous et réduit l’espérance de vie !

La Fédération CGT des services publics se prononce :

  • contre tout recul de l’âge légal de départ à la retraite,
  • contre tout allongement de la durée de cotisations,
  • pour le maintien de nos régimes de retraites (CNRACL, régime général, IRCANTEC…) et leur renforcement par des recrutements statutaires et conventionnels massifs,
  • pour l’égalité professionnelle et salariale entre les femmes et les hommes, ce qui rapporterait 6 milliards d’euros de cotisations supplémentaires,
  • pour l’augmentation immédiate de 10% du point d’indice et l’indexation de la valeur du point sur l’inflation,
  • pour l’intégration des primes dans les traitements,
  • pour un retour à un départ maximum à 60 ans.

La Commission exécutive fédérale s’inscrit dans l’appel de l’intersyndicale et appelle à la grève à partir du 19 janvier 2023. Elle considère que nous devons tout mettre en oeuvre pour reproduire avec encore plus de force, la dynamique de la grève de l’hiver 2019-2020, grève reconductible et reconduite par les assemblées générales de grévistes. C’est pourquoi et afin de renforcer cette dynamique, nous estimons nécessaire d’agir avec l’ensemble des forces qui exigent le retrait de la réforme des retraites. Plusieurs meetings, marche, rassemblements sont convoqués sur la base des revendications syndicales. D’ores et déjà nombre d’agentes et agents de la fonction publique entendent appuyer ces initiatives.

Nous avons déjà à notre disposition l’ensemble des argumentaires confédéraux et de la CGT Fonction publique, ainsi que la déclaration publiée à l’issue de la rencontre avec le ministre Guérini le 5 janvier « retraites : préparons l’affrontement ».

Pour préparer la première journée du 19 janvier et ses suites immédiates, la Commission exécutive fédérale invite l’ensemble des syndicats de la fédération à convoquer les heures d’informations syndicales, des assemblées générales, à poser leurs préavis de grève locaux pour discuter, débattre et décider collectivement avec les syndiqués et les agents de rejoindre l’appel à la mobilisation contre la réforme des retraites, et lier celle-ci avec l’ensemble des mobilisations programmées, à commencer par celle du 2 février pour les oublié.es du Ségur.

Montreuil, le 10 janvier 2023
Télécharger la déclaration ci-dessous.



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